Mes pâtes à la carbonara, inspiration maternelle

Le plat n°1 qui a bercé mon enfance. Il paraît que ma mère cuisinait beaucoup à une époque et même quand j’étais toute petite. Il y a toujours eu des livres de cuisine à la maison. Surtout le gros, le rouge, la bible vintage. Des photos un peu vieillottes, des recettes à la Bree Van de Kamp avec plein de gelée. Celui que j’ai demandé en héritage, même si je suis sûre qu’aujourd’hui je ne testerai aucune recette… Et puis les autres: le meilleur de la pomme de terre de Joel Robuchon, les recettes de bistrot de Patricia Weels, le livre de cuisine de Reine Sammut (chez qui nous sommes allés déjeuner un jour, j’en garde un très bon souvenir), un livre sur les épices, sur les poissons… Et surtout, surtout, la collection de carnets de cuisine, un vrai trésor. Aujourd’hui les Régal, Saveurs, Cuisine et Vins de France s’étalent sous la table basse et ma mère cuisine moins, mais toujours très bien. Les spaghettis à la carbonara (ou les tagliatelles) font parties du box-office des plats de la maison. Il y a aussi le poulet rôti avec, le plus important, le pain aillé fourré dans le poulet. Et la blanquette de veau, avec la béchamel dans la casserole en fonte. Aujourd’hui mon plat préféré est l’aïoli (« c’lui d’maman! ») avec du cabillaud, des légumes, des oeufs durs et cette mayonnaise à se damner.

Mais les carbo, c’est autre chose. Ma mère fait comme  ça: spaghettis dans l’eau, lardons revenus et escalope de poulet en morceaux revenus, qui attendent bien sagement sur leur assiette recouverte de sopalin, jaune d’oeuf dans le bol, crème et muscade (primordial). On mélange tout, on cherche pour la centième fois la pince à spaghetti et on mange les carbo en ajoutant un peu de gruyère râpé. Ma recette varie un peu (pas de poulet), pas forcément des spaghettis ou tagliatelles, pas de gruyère mais du parmesan. Sinon c’est la même recette et les mêmes gestes, alors c’est parti, on écoute Elvis (toujours!) et on file dans la cuisine.

Pour deux personnes:

ce que vous mettez de pâtes pour 2, ici des pipe rigate – 1 jaune d’oeuf – 5 c.à.s de crème fraîche (épaisse c’est mieux) – de la noix de muscade – 100 g de lardons (plus ou moins selon votre goût) – du parmesan fraîchement râpé – 2 pincées de sel

Faire bouillir une casserole d’eau salée. Ajouter les pâtes, baisser le feu et laisser cuire le temps indiqué.
Pendant ce temps faire revenir les lardons dans une poêle sans matière grasse. Éponger le gras avec du sopalin et réserver.
Dans un bol, mettre le jaune d’oeuf, la crème fraîche, les pincées de sel, mélanger avec une fourchette (pour casser l’oeuf!). Râper un peu de noix de muscade et mélanger.
Faire chauffer les assiettes au micro-onde (sinon les pâtes refroidissent vite!).
Égoutter les pâtes, les reverser dans la casserole sur feu bas bas bas voire éteint si vous avez des plaques électriques qui restent longtemps chaudes. Ajouter rapidement la crème et les lardons, mélanger jusqu’à ce que le mélange nappe les pâtes, pendant 30 à 45 secondes (la crème va « cuire » légèrement).
Servir dans les assiettes, parsemer de parmesan râpé.

jukebox playing: Blue Suede Shoes, Elvis Presley