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Orient express

Mon dernier article sur les pâtisseries orientales coïncidait avec la sortie du film frenchie de Woody Allen (Midnight in Istanbul: les Baklavas et les Maamouls aux pistaches). Cette semaine, j’ai réalisé des escargots de Latifa et des m’hancha et je suis allée voir To Rome with love. "Coincidence? I think not". Comme d’habitude, j’adore les pâtisseries dégoulinantes de miel, et comme d’habitude Woody me déçoit un peu. Ce n’est pas nouveau, je fais partie de ceux pour qui Woody ne reviendra pas. Et même si Midnight in Paris m’avait plutôt réconcilié avec le cinéaste névrosé, Manhattan est loin, et moi, je boude les Alleniens. Dans le week-end, j’ai également vu La part des anges qui m’a vraiment plu (d’ailleurs savez-vous ce qu’est "la part des anges"?) et The apartment de Billy Wilder (un petit peu long mais quel plaisir de revoir des films en noir et blanc dans une salle de cinéma, et Jack Lemmon est excellent). Quant à Woody, je retiens que Roberto B. a tendance à m’exaspérer même si l’idée du mec lambda devenant célèbre sans aucune raison m’a plutôt fait sourire, et que Ellen Page-Jessie Eisenberg -malgré leurs visages inchangés depuis leur 15 ans- sont définitivement des acteurs à suivre. Le reste, à vous de voir. Ou pas.

Et la cuisine alors? Pas de recettes aujourd’hui, seulement les liens.
Les escargots de Latifa ainsi que les montecaos, recette chipée chez Loukoum, étaient très réussis. Il faut passer un peu de temps en cuisine, la première fois que l’on en fait en tout cas, mais on se familiarise vite avec la technique, et je me suis beaucoup amusée à les faire! J’ai trouvé la pâte de dattes chez Grandfrais (j’en ai également vu dans les épiceries orientales de Wazemmes, à Lille).
Les m’hancha viennent de chez Cakes in the city. La pâte à l’amande ressemble un peu à celle de l’amaretti mais avec des notes orientales (citron et fleur d’oranger), délicieux (mais moins original que les escargots). Pas de photos pour ceux-ci!

Après les baklavas aux noix et aux amandes, nous continuons notre voyage en Orient avec ces petits gâteaux sablés à la pistache: les maamouls. La recette est tiré du livre "Mezzés, pâtisseries & autres saveurs orientales" (cliquez, cliquez!), un ouvrage bien fait avec pleiiiin de recettes super chouettes (pour 4,95€).

J’ai fait deux fournées de maamouls car je n’avais pas mis assez de farce dans la première. Sachez que la pâte est, non seulement sablée, mais aussi bien épaisse si on suit la recette qui dit de creuser une boule de pâte pour mettre la farce. Pour la seconde fournée, j’ai étalé la pâte au rouleau afin de mettre plus de pistaches au milieu, j’ai donc un peu modifié la recette traditionnelle mais les gâteaux étaient bien meilleurs! Au fait, vous ai-je dis à quel point la pâtisserie orientale était light?

Pour la pâte:

500 g de farine  -  250 g de beurre  -  2 c.à.s d’eau de fleur d’oranger

Pour la farce:

250 g de pistaches décortiquées  -  200 g de sucre  -  2 c.à.s d’eau de fleur d’oranger

Faire fondre le beurre et mélanger le avec l’eau de fleur d’oranger et la farine, ajouter 2 c.à.s d’eau. Couvrir avec un torchon humide et laissez-la reposer deux heures.
Préparer la garniture: hacher les pistaches, mélanger les au sucre et à l’eau de fleur d’oranger. (Goûter en un petit peu, vous allez voir, vous allez voyager).

Préchauffer le four à 200°.
Prélever une petite quantité de pâte (la recette est pour une vingtaine de maamouls), former une petite boule et étaler la délicatement au rouleau. Mettre une petite quantité de pâte au milieu et refermer la pâte en aplatissant le gâteau.
Mettre les maamouls sur une plaque beurrée et enfourner pour une trentaine de minutes.

Sortir les gâteaux et les rouler dans le sucre glace.

Mes parents, qui reviennent d’un séjour à Istanbul, m’ont ramené de super loukoums, du "honey nut" (un mélange de noisettes, amandes, pistaches etc. joliment organisé dans un pot de miel) et un livre de pâtisseries orientales (français, puisque leur recherche d’un livre turc/anglais ou turc/français s’est révélée infructueuse). Ma mère organisait hier un repas turc, et bien qu’absente à la soirée (adieu mes petits baklavas!), je me suis activée en cuisine pour lui préparer des baklavas aux noix et aux amandes, des gâteaux aux pistaches et des beignets au fromage. Elle a fait tout le reste, autrement dit une tonne de mezzes plus beaux les uns que les autres et des aubergines farcies qui donnaient à la maison une odeur de voyage. Les baklavas étaient extraordinaires (non non je n’en rajoute pas!), ils étaient vraiment réussis et si vous n’avez jamais fait de pâtisseries orientales auparavant (comme bibi), j’ai trouvé ça très simple à réaliser et vraiment délicieux.

Thomas et moi sommes allés voir Midnight in Paris de Woody Allen vendredi soir. Il faut que je vous explique notre relation, à Woody et à moi: je suis une énorme fan des vieux Woody, Annie HallManhattanTout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe (sans jamais avoir osé le demander), Broadway Danny Rose, La rose pourpre du Caire, Hannah et ses soeurs sont mon top 6 woodyallenien (dans le désordre). Et l’industrie de Woody Allen avec son film à l’année commence à me taper sur les nerfs (et ça, Woody le comprendrait). Depuis Match point, je me suis promis de ne plus aller voir les Woody Allen qui sortaient. Pourtant, chaque année, je retourne au cinéma voir "le nouveau Woody Allen" et, chaque année, je suis déçue. L’an dernier n’a pas échappé à la règle, Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu fut pour moi le jackpot: deux longues heures à me demander pourquoi Woody m’infligeait ça, moi qui lui était pourtant fidèle et à m’interroger sur l’objectivité de mon très cher Télérama en matière woodyallenienne. C’est donc avec peu d’entrain que nous avons pénétré dans la salle pour voir Midnight in Paris et pourtant… Woody me surprendrait-il encore? Je me suis faite à l’idée que je ne retrouverai pas mon Woody d’antan et comme la morale (un peu trop explicite, Woody pas la peine de le dire 5 fois on avait pigé) de Midnight in Paris j’ai compris que l’on a tendance à toujours penser que c’était mieux avant. Alors oui, Woody, tu me déçois depuis des années et je peine à te retrouver dans chacun de tes nouveaux films mais aujourd’hui je suis heureuse d’être sortie du cinéma le sourire aux lèvres. C’est ton oeuvre testamentaire, ton ultime fantasme sur pellicule alors s’il te plaît, interromps ton prochain tournage et laisse moi avec Owen Wilson.

 20 feuilles filo  -  125 g + 30 g de beurre  -  150 g de cerneaux de noix  -  150 g d’amandes émondés  -  100 g de sucre  -  2 c.à.s d’arôme de fleur d’oranger (ou d’eau de fleur d’oranger)  -  300 g de miel

Préchauffer le four à 180°.
Hacher les noix et les amandes au robot et les transvaser dans un récipient.
Faire fondre 30 g de beurre. Ajouter aux noix et aux amandes, le sucre le beurre fondu et l’arôme de fleur d’oranger, mélanger et réserver.
Beurrer un moule rectangulaire.
Faire fondre les 125 g de beurre. Découper les feuilles filo afin qu’elles entrent dans le moule.
Déposer une feuille filo dans le fond du moule et la badigeonner délicatement de beurre fondu. Répéter l’opération avec 9 autres feuilles.Déposer toute la farce sur les 10 feuilles.
Répéter l’opération feuille filo + beurre avec les 10 feuilles filo restantes. Badigeonner généreusement la dernière feuille de beurre et prédécouper des losanges, sans enfoncer la lame du couteau tout au bout (ça aidera le miel à pénétrer et les baklavas se découperont plus facilement).
Enfourner pour une trentaine de minutes.

Faire fondre le miel.
A la sortie du four, arroser immédiatement les baklavas de miel.

Laisser refroidir complètement et découper les baklavas.

"Reprenez un peu de baklavaaaaas"

Le génie d’Aladdin